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Maurs la Jolie

Petite commune du Cantal surnommée la Nice du Cantal

Le 12 mai 1944 - La Rafle

Publié le 12 Mai 2017 par Maurs la Jolie in La Rafle 1944

Un triste jour pour les Maursois, c'est celui du 73ème anniversaire de la rafle de Maurs...

Souvenirs des différentes personnes qui ce sont trouvés sur les lieux, dont un Aurillacois qui était à Maurs le jour de la rafle à Maurs (article ci-dessous)

Ainsi que le témoignage par écris de 28 Maursoises et Maursois ont bien voulu faire cet effort de mémoire et fixer ainsi définitivement le déroulement de ce triste et douloureux événement :
Mme Renée BOUSSAROQUE, Mme Georgette FAILLE, Mme VAN DE WIELE, Mr Maurice BRASQUIES, Mr Gaston BARRIERE, Mme Anne-Marie CLOT, Mr Jules MALGOUZOU, Mr Jean SABUT, Mr Armand PIGANIOL, Mme Josette LESOURD, Melle BEX, Mme TOURRILHES, Mme PIGANIOL, Mr Robert CAU, Mr Joseph MAZARGUIL, Mr Fernand CIFRE, Mr Roger LAURENT, Mr Louis-Benoît SOURNAC, Mme Chantal GALTIER, Mr André POUZOULET, Mr Marius AYMAR, Mr Emile PICOT, Mr Maurice LAMOTTE, Mme RIEU, Mme Renée FABRE, Mme Denise DEDENIS, Mr Georges DHULSTER, Mme GALTAYRIES.

A lire dans un livre imprimé à Maurs en Mai 2004, "De Mémoire de Maursois... 12 mai 1944 'La Rafle' " est préfacé par Eugène Martre, Correspondant de l'Institut d'Histoire du Temps Présent.

Installé depuis 60 ans à Aurillac, il était Maursois le 12 mai 1944, jour de la rafle.

Publié sur La Montagne le 11/05/2014

Invité à témoigner demain à l’occasion des 70 ans de la rafle de Maurs, Tony Coudert n’a pas oublié ce mois de mai 1944. Il avait tout noté dans un carnet.
Soixante-dix ans après les faits, sa mémoire lui joue quelques tours. Alors il s'aide de son petit carnet pour réveiller les souvenirs. Il lui suffit de lire ce qu'il avait écrit, entre le 12 mai et le 1 er juin 1944, pour mettre des bruits et des images sur les mots.

Âgé aujourd'hui de 90 ans, André Antonin Coudert, dit Tony, est l'un des derniers survivants de la rafle de Maurs. « Mais je ne suis pas le dernier ! J'ai reçu encore, il y a une semaine, un coup de fil de Maurice Lamotte. Il y était aussi… »

En ce mois de mai 1944, Tony Coudert est « en situation irrégulière ». Il vit caché chez ses parents, à Maurs, après avoir fui les chantiers de jeunesse. « J'avais dû déménager à Tulle, pour travailler à la Manufacture. Mais je n'y suis resté qu'un après-midi. Et je n'ai pas fait une pièce valable. C'était mon premier acte de résistance. »

Recherché par les gendarmes, il ne sort que la nuit et participe à la diffusion des journaux de la Résistance. « J'en avais une vingtaine à distribuer. C'était la seule mission qu'on nous proposait, à mes copains et à moi. On était jeunes, les plus grands ne nous faisaient pas tellement confiance ou voulaient nous protéger. »

« C'est à ce moment-là que j'ai sauté dans le talus »
L'arrivée des Allemands à Maurs, le 12 mai, ce sont ses mots de 1944, extraits de son petit carnet, qui la racontent : « 7 h tambour. Se présenter sur la place de la Grande fontaine sinon fusillés. Routes gardées, sentinelles dans les rues fortement armées. Essai de fuite pour retrouver Rossi. Arrêt jardin avant maison Rives par SS menaçant. 7 h 30 rassemblement puis route de Bagnac - triage - Juifs. 13 h départ Figeac. Forte surveillance par SS. 19 h départ pour Cahors. Civils stupéfaits. 23 h départ Montauban ».

Les vingt jours suivants seront ainsi résumés, couchés sur papier, permettant à son histoire de traverser le temps.

Même dans un style télégraphique, les noms, les lieux l'interpellent. Le résistant Pierre Lagat, « un nom que l'on peut citer » ; André Sainte-Marie, abattu dans une rue de Maurs « parce qu'il refusait d'obtempérer » ; les huit Juifs battus, humiliés, dénoncés par un milicien… « venus à Maurs car ils se croyaient à l'abri mais le hasard a voulu que ce ne soit pas la bonne cache pour eux » ; Pierre Garrouste, « mon ami, pris à tort pour un terroriste et martyrisé… ça me fait toujours aussi mal au coeur quand j'y pense » ; le manège, à Montauban, « dans lequel nous étions un millier à être parqués après avoir été raflés un peu partout… On dormait dans 15 à 20 cm de poussière et de crottin de cheval ».

Avec les dates du carnet défilent les jours de douleur, d'espoir. Jusqu'à ce 23 mai, le jour J de Tony Coudert. Le jour de la grande évasion, à Pavant. 18 h. « Nous étions en partance pour des camps de travail en Tchécoslovaquie. On ne voyageait plus à 60 dans un wagon à bestiaux mais dans des compartiments. Depuis Paris, c'est la Wehrmacht qui nous encadrait et non plus la Das Reich qui nous avait raflés. D'ailleurs, si ça avait été les SS, je n'aurais peut-être pas essayé de m'échapper. »

Ce jour-là, le train s'arrête en rase campagne, dans l'Aisne. « On a pu descendre pour se dégourdir les jambes. Je suis alors allé vers la locomotive pour voir s'il y avait possibilité de fuir. Mais une mitrailleuse surveillait de l'autre côté. Finalement, une draisine est arrivée. Les sentinelles se sont retournées pour évacuer les gens. C'est à ce moment-là que j'ai sauté dans le talus. Veyrine m'a suivi, il m'est tombé dessus, il m'a fait peur. J'aurais aimé que ce soit Rossignol ou Cipière, mes grands copains. Mais j'étais content pour lui. Plus loin, on a retrouvé Lafon et Lagarrigue qui s'étaient échappés aussi. Nous étions libres. »

Libres de revenir à Maurs, de s'engager dans les forces françaises de l'intérieur pour les dernières semaines de guerre dans la région… Tous ces actes vaudront notamment à Tony Coudert le Titre de reconnaissance de la Nation, attribué en 1994.

Auteur : Thierry Senzier sur La Montagne

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