I – Cadre de vie

Habitations normales pour l'époque :
peu de confort, sinon aucun
Eau froide sur l'évier... pas pour tout le monde (fontaine de quartier)
Eau chaude par la bouillotte dont étaient munies toutes les cuisinières (bois et charbon) constituant aussi le principal moyen de chauffage, complété quelquefois par des poêles (bois ou charbon) dans les autres pièces.
La provision de bois était entreposée au grenier où on la montait par petites quantités au moyen d'une poulie et d'une corde dont toutes les maisons étaient équipées dans une fenêtre de la toiture.
(voir cartes postales anciennes et vieilles maisons de Maurs)
WC souvent rudimentaires (à la turque), parfois à l'extérieur dans un jardin.
Vie journalière - Peu de femmes avaient une profession sauf institutrices, employées des postes, couturières.
Les autres se réunissaient souvent pour des travaux de couture, tricot, etc... Elles échangeaient les rares dernières nouvelles assises à l'extérieur par exemple sur la place du marché où de vieux acacias disparus aujourd'hui étaient entourés d'une margelle de pierre analogue à une roue de moule, qui servait de sièges.
Il y avait de très nombreux artisans tels sabotiers, cordonniers qui fabriquaient sabots et sandales, des "journaliers" (agricoles, couturières, aides services hôtels) qui allaient à domicile.

On vivait pratiquement en autarcie. Les cartes de rationnements n'étaient pas une catastrophe. Pas de trafic de tickets à notre connaissance.
Le pain n'était pas bon mais on avait tout le reste sauf chocolat, sucre qu'on remplaçait par de la saccharine.
Une abondance relative dont on faisait profiter famille ou amis habitant les grandes villes.
D'une façon générale on essayait de se rendre service.
Pas de marché noir, on n'en avait pas besoin.
Vêtements : on avait l'habitude à l'époque de faire durer les vêtements, à plus forte raison à ce moment-là. D'ou les couturières à domicile qui arrangeaient, transformaient tout ce qui pouvait l'être. La mode n'avait pas perdu tous les droits.

Souvenir des chaussures de tissus et semelle de bois : il y en avait de très coquettes.
Pas question de vacances - Aide à la campagne dans les familles "pour change d'air" - Les commerces ne connaissaient pas de fermeture annuelle.
Contacts extérieurs - peu nombreux sauf nécessités administratives -
Cependant les moyens de transport étaient nombreux, plus nombreux qu'actuellement : Chemins de Fer, Compagnie P.O. - La gare de Maurs était importante - Trafic voyageurs limités aux régions avoisinantes, mais gros trafic marchandises, animaux.
🚌 Autobus - Ligne Aurillac, Montsalvy, Latronquière, Decazeville, Villefranche de Rouergue. Presque toutes desservies journellement.
🚚 Camions - Encore peu nombreux, ils avaient été transformés : le gazogène (charbon de bois) remplaçant l'essence, devenue rare. Même certains autobus étaient semblablement équipés.
🐎 Autres moyens de transports - La voiture à cheval (chaque ferme avait son cheval) pour la messe du dimanche, le marché, les foires, quelques fêtes. Ou... la marche à pied !
Relations avec les voisins - voir plus haut : beaucoup d'entraide.
Maurs a accueilli de nombreux réfugiés en particulier les Belges, qui ont laissé un excellent souvenir.
📻Information - Sauf le bouche à oreille cela se résumait à la radio : Radio-Paris entre les mains des Allemands - Radio-Londres avec les difficultés que tout le monde a connu.
Pas de souvenir de journaux : on savait rien.
Quelques échos de parachutages destinés à la résistance dans certains coins boisés et inhabités.
Le "climat difficile" (incontestablement) se situait surtout sur le plan psychologique :
- Peur de voir arriver les Allemands
- Angoisse d'isolement à cause des ponts coupés (Port-d'Agrès, Viazac, Pont du Laurent, etc...)
- Peur de la Milice
- Peur de la Résistance qui se fournissait en argent, matériel, nourriture dans les administrations et les fermes
- Peur d'affrontements entre les deux
- Atmosphère très particulière de la nuit : toutes lumières étant interdites.
Vie Religieuse

Maurs, sauf exceptions assez rare était un fief laïque sinon anticlérical. Mais les écoles catholiques y étaient prospères et sont au long de la guerre la fréquentation des cérémonies religieuses, nombreuse et assidue. Il est vrai que se joignent de nombreux réfugiés : notre grande abbatiale était très souvent remplie.
Deux prêtres : un curé et un vicaire.
Les "missions" : "triduums" ou "semaines", temps fort, animés par un prédicateur de renom qui rassemblait des auditoires assidue et fervents avec toujours en toile de fond : les combats, les victimes.
En dehors des éléments actifs déjà cités la ville de Maurs comptait :
* 2 médecins
* 2 pharmaciens
* de nombreux instituteurs (2 écoles de garçons, 2 écoles de filles et 1 école maternelle)
A noter que les Religieuses qui tenaient l'Ecole des filles Saint-Joseph n'avaient pas l'Autorisation d'exercer en costume religieux. On les appelait "Madame" ou "Mademoiselle"
Les agriculteurs étaient nombreux, petites propriétés, polyculture.

Rôle important du châtaignier (bois, feuilles, fruits).
Je remercie grandement Geneviève PLAINECASSAGNE pour m'avoir fait parvenir ce document qui présente bien la vie Maursoise sous l'occupation, j'ai accompagner le texte de quelques cartes postales anciennes de Maurs pour mieux imager le texte. MERCI.
Publié une première fois le 2 Février 2018
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