2/2 L'Hôpital-Hospice de Maurs
Dans le dernier BM, nous avons essayé de résumer la longue histoire dont les Maursois ont vu récemment s'effondrer en quelques jours les murs centenaires sous la redoutable poussée d'un puissant engin habilement manœuvré. (1980)
En 1941, en pleine guerre, la Commission administrative (alors présidée par M. PUECH) décide de réaliser un projet fort ambitieux : ouvrir dans les locaux de l'Hospice un hôpital, un centre chirurgical et une maternité. Il faut, dès lors, faire face à d'énormes difficultés : trouver des fonds nécessaires aux indispensables et importantes réparations des locaux, à l'achat de literie et de matériels chirurgical, obtenir, malgré les réticences du Conseil départemental de l'Ordre des Médecins et Chirurgiens, les autorisations administratives nécessaires, finalement accordées en 1941 et 1943. Côté trésorerie, une importante subvention du « Secours national » de l'époque et de nombreux dons permettent de faire face aux principales dépenses.
Le Dr ROUDERGUES, doyen des médecins est nommé Administrateur de l'Etablissement, et les services ainsi organisés:
- -- Service Médecine et Service Vieillards : Dr CLAUZET.
- -- Service Chirurgie : Dr MAGNAC, chirurgien.
- -- Service Maternité et Nourrissons : Dr FLIPO avec l'aide de deux sages-femmes.
- -- Service oto-rhino-laryngologie : Dr BERTHOU
L'Hôpital est dès lors prêt à rendre service à la population locale et commence à fonctionner en 1942, accueillant pour les opérations ou des séjours, non seulement des Maursois, mais des habitants des communes voisines, et même des parties limitrophes du Lot et de l'Aveyron.
A partir de là, l'Hôpital prend régulièrement de l'importance, ainsi en 18 interventions chirurgicales en 1942 on passe à 121 en 1945, 135 en 1947, 152 en 1948 et 164 en 1949 ; le nombre des journées d'hospitalisation en médecine et en maternité augmente de même sauf en 1947. Ces chiffres montrent par leur progression que les malades devraient être satisfait des services de cet établissement. De même, la situation financière s'améliore d'année en année ; aussi, la Commission administrative envisage-t-elle alors de nouvelles installations, telles un Dispensaire d'Hygiène Sociale avec service de radiographie.
Mais, à la suite d'une inspection le 1er juin 1948,le Directeur départemental de la Santé décide de demander la fermeture immédiate de l'Hôpital pour des raisons qu'il donnera plus tard et parce que les bâtiment ne se prêtent à aucune amélioration ou aménagement nouveau. Cette décision est confirmée le 1er juillet par le Préfet qui demande d'envisager la création et l'aménagement d'un hôpital entièrement neuf d'une centaine de lits, ce qui paraît financièrement impossible. M. CAUSSE, maire et président de la Commission administrative va alors « se battre » pour faire ressortir à l'Administration tous les services rendus sur place aux malades, leur évitant déplacements et séjours éloignés, la qualités des soins prodigués même avec des moyens rudimentaires, la gratuité pour certains, ou du moins des prix de journée très compétitifs. Cependant, la Direction de la Santé réaffirmait sa demande de fermeture étayée par les griefs suivants : « condition d'aménagement et de fonctionnement épouvantable – ne possède pas d'infirmière diplômée ni de personnel qualifié – condition de fonctionnement irrégulières et illégales – chirurgiens percevant les honoraires de la main à la main, ne figurant pas sur la liste des Médecins-Chirurgiens ».
La Commission administrative essaie encore de « sauver » l'Hôpital en faisant intervenir MM. PARRA et MOMBOISSE au Conseil général, MM. JOUVE et LAVERGNE, députés, auprès du Ministre de la Santé. Malgré les nombreuses et pressantes démarches entreprises et le soutien de la Caisse de Sécurité Sociale promettant une subvention, le Conseil municipal et la Commission de l(Hospice, ne pouvant engager la dépense de 100 millions qu'aurait coûté alors un établissement neuf, doivent se résoudre à fermer l'Hôpital le 1er mars 1950.
L'Hospice, seul, continuera de fonctionner jusqu'à l'ouverture de la Maison de Retraite en 1972. Après le départ des pensionnaires, un certain nombre de pièces rénovées vont servir de salle de classe pour quelques élèves du C.E.G. Jusqu'à la dernière année scolaire.
Source : Archives Départementale du Cantal + BM n°9 de décembre 1981
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