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Maurs la Jolie

Petite commune du Cantal surnommée la Nice du Cantal

Un peu d'histoire : Le château de Murat

Publié le 6 Février 2018 par Maurs la Jolie in Cantal-Auvergne

Vous trouverez ce château sur la commune de Saint-Étienne-de-Maurs dans le Cantal, il n'est toujours pas visitable à ce jour...

C'est un document prêter gracieusement par Geneviève PLAINECASSAGNE car sa maman à été cuisinière dans le château de Murat et donc elle conservait tout ce qui pouvait parler du château ou de ses occupants.

Je retranscrit le document scanné au cas ou il ne serait pas très lisible pour tous.

Les échafaudages qui se dressent devant les tours du château de Murat en cours de réfection m'incitent à en rappeler brièvement l'histoire.
Ce château, planté sur un piton rocheux au confluent de la Rance et du ruisseau d'Anès, à un point stratégique qui ouvrait la route du Carladès, était le centre d'un fief considérable dépendant de la baronnie de Saint-Santin qui appartenant à la famille CALMONT d'OLT. Sa première mention se trouve dans un acte de 1258 sous le nom de Murat l'Arispe, c'est à dire le rocheux, transformé plus tard en Murat la Rabe, tandis qu'une partie du château prenait le nom de Murat la Guiole. Il était alors certainement beaucoup plus vaste et important qu'aujourd'hui.
Le château était alors la co-propriété d'un certain nombre de seigneurs qui en possèdent des parts et des droits : Les BARRE, les BERTRAND, les CAYRAC, les CORNAC, les GAILLARD, les GIRONDE, les MARCENAT, et les MURAT. En 1252 et 1258, Sybille de MURAT épouse d'Arnaud des BARRES, vend ses droits sur Murat la Guiole à Guy de la TOUR, évêque de Clermont, seigneur dominant de Maurs, qui doit les rétrocéder un peu plus tard comme arrière-fief à Guy de MURAT.
Aux 14è et 15è siècles, grâce aux mariages de Bégonde de BERTRAND et d'Aygline de CAYRAC puis Pierre de BERTRAND et de Jeanne de CORNAC, la famille BERTRAND réunit dans ses mains la plupart des droits sur le château possédés par les CAYRAC, les CORNAC et les GIRONDE tandis que la famille MURAT se maintient sur Murat la Guiole, d'ou bientôt des dissensions entre les BERTRAND et les MURAT portant sur la pêche dans la Rance, les constructions faites par les uns ou les autres; s'enveniment par suite de la proximité des logements. Ces faits réels, montés en épingle et enjolivés par la rumeur publique, ont donné naissance à la légende, si souvent racontée à la veillée pendant des années, des frères ennemis qui s’entre-tuent d'un château à l'autre.
Au début du 16è siècle, le mariage de Claude de BERTRAND et de Françoise de MURAT met fin aux dissensions entre les deux familles ; une galerie réunit alors les deux parties du château qui n'est pas encore leur propriété exclusive car la famille d'ENFAVRE y conserve quelques droits encore pendant plus d'un siècle.
En 1575, par le mariage de Françoise de BERTRAND, le château de Murat passe dans la famille de GRIGNOLS, puis de Marie de GRIGNOLS, dans celle de PEYRONNEC de Saint-Chamarand qui y fait faire des réparations de 1654 et 1752.
En 1771, après le décès de Jean-Louis de PEYRONNEC à Aurillac, sa veuve Elizabeth de NAUCAZE mentionne dans l'inventaire de ses biens que le château est à la disposition des fermiers.
En 1780, les revenus du fief de Murat son estimés par le contrôleur du vingtième (il existait alors un impôt égal à 5% des revenus) à 2847 livres dont 800 livres pour l'exploitation directe et 2047 livres pour l'exploitation des domaines d'Arnaud, de Broucasse; du Caumont, de Murat, du Verdier et d'un moulin.
En 1792, au cours des trois semaines de pillages et d'incendies de châteaux, connues sous le nom d'"illuminations arpajonnaises" peut-être à l'instigation du maire de Saint-Étienne COMBY dont le rôle ne paraît pas très clair, une bande de Maursois, semble-t-il, entraînant des habitants de Saint-Étienne viens au château non pas pour participer à l'action politique "d'abattre le château et de rendre mémorable le patriotisme des habitants de Saint-Étienne" comme l'aurait proclamé COMBY mais beaucoup plus simplement pour le piller : son propriétaire Antoine de PEYRONNEC, dans une vaste tentative pour empêcher un pillage complet, donne l'autorisation d'enlever les girouettes qu'on considérait alors comme des emblèmes de l'autorité seigneuriale, et d'abattre les tours.
Par le mariage de la fille d'Antoine de PEYRONNEC, Marie-Anne, avec Gabriel de SAIGNES, le château passe dans la famille de la GARDE de SAIGNES jusqu'en 1935 ; depuis, il à appartenu à quatre propriétaires successifs.
Rédacteur, Yves OGER

Journaux du 5 novembre 1989

Un peu d'histoire : Le château de Murat

 

 

Un petit lien ci-dessous pour aller voir l'article de 2014 que j'avais rédigé sur ce blog...

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